Retrouver une voix qui porte. Pour les deux tiers des personnes interrogées lors du sondage 20 Minutes-RMC-LH2 dans le cadre du Manifeste 2007, il est « décisif que le président de la République intervienne fortement sur la scène internationale».
Un score étonnant, selon François Miquet-Marty, directeur des études politiques de LH2 : « Les Français sont préoccupés par leur vie quotidienne, on aurait pu croire que les questions internationales passeraient au second plan. Les dernières élections présidentielles se sont d’ailleurs jouées sur des questions de politique intérieure. Mais ce score est significatif à l’approche du scrutin. Les enjeux internationaux sont sous-estimés par les candidats. »
D’autant que les personnes interrogées ont une vision bien précise du rôle que la France doit jouer sur la scène internationale. Selon le sondage, les missions prioritaires doivent se concentrer sur l’humanitaire (61%) ou aller dans le sens d’interventions pacificatrices (59 %). Sans oublier toutefois la lutte contre le terrorisme(51 %).
« C’est une rupture totale avec la vision des années 1970, François Miquet-Marty. L’intervention de la France doit viser avant tout à améliorer la condition de l’homme. Mais sur ce point paraît un vrai clivage. Pour les sondés de gauche, c’est la question humanitaire qui prime. A droite, la priorité la plus absolue est la lutte contre le terrorisme. Mais la tendance de fond s’inscrit dans une volonté d’aider les plus défavorisés et non de refaire la politique du monde. »
En filigrane, ce sondage dresse aussi un bilan de la politique internationale de Chirac depuis 1995 et notamment du refus de la France de s’investir dans la guerre en Irak, et de préférer des enjeux génériques comme la santé et l’environnement. On peut donc y trouver une réponse à ceux qui veulent revoir le costume présidentiel.
« Certains voudraient que le président rende plus de comptes sur son action à l’international, analyse François Miquet-Marty. Ce n’est pas incompatible, même si cela est difficilement quantifiable. Mais pour les Français, il ne suffit pas d’avoir une stature internationale, il faut aussi avoir une vision, un projet.»
Source : 20 minutes, 16 novembre
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Vendredi 10 novembre 2006
Le 9 novembre 1970, à 19h30, Charles de Gaulles s’éteignait dans sa demeure familiale de Colombey. « La France est veuve », s’était exprimé le Président Pompidou dans son allocution télévisée. Le fait est bien connu : le temps qui passe n’est cruel que pour les gens médiocres, et le gaullisme a survécu à la mort du général. Jacques Chirac, qui a puisé à la source du gaullisme ses références, ses valeurs et ses orientations- une certaine conception de la démocratie, fondée sur la confiance dans le peuple souverain ; une exigence d'unité et de rassemblement national, au-delà des communautés et des identités catégorielles ; une certaine idée de la France, exprimant sa singularité, défendant son rang dans le monde et affirmant l'universalité de ses valeurs -, s'est d'ailleurs rendu hier à Colombey, accompagné de DDV, pour rendre hommage à la figure de Charles de Gaulle. L'occasion de redire l'actualité de sa pensée, comme il l'a fait lundi 6 novembre dans les colonnes du magazine Times en écrivant que "dans les turbulences contemporaines, la vision, l'ambition et le message du Général de Gaulle restent, à mes yeux, une fierté pour la France et une irremplaçable inspiration".
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Dans un entretien paru dans Sens Public, revue sur Internet, l’ancien Premier Ministre Michel Rocard dénonce « l’anticipation médiatique » de la précampagne présidentielle : « la loi, dans sa sagesse, prévoit pour la campagne présidentielle deux mois, qui seront mars et avril prochains. Partout ailleurs, un mois suffit. Deux mois, c'est extraordinairement long ! Je ne suis pas sûr que nous puissions capter et retenir l'attention des citoyens sur des enjeux sérieux pendant une telle période... Préalablement, les formalités administratives doivent être remplies, ceci nous mène à mi-février. Les grands partis s'organisent en fonction d'un tel calendrier, le vrai. Le travail effectué d'élaboration d'un programme, de confrontation des candidats au programme, de sélection du candidat en pondérant le critère de compétence avec celui de charisme, etc., sont prévues à l’UMP, à l’UDF, au PS, au PC entre novembre et janvier. Tout ce qui est antérieur est non pertinent. Avant, le comportement des sondés est ludique et non électoral. De plus, depuis l'origine, tous les gens qui sont partis trop tôt ont perdu. C'est vrai de Poher au cours d'une campagne courte mais annoncée longtemps avant, de Chaban-Delmas, de Barre, de Balladur (…) Mais cette fois, il n'y a pas beaucoup de précédents. La campagne a été anticipée de plus de deux ans par le système médiatique pour vendre du papier. La pré-campagne électorale est ludique et l'électorat ne cristallise pas sur les enjeux. Ce spectacle est tragique. Le système médiatique fait le calendrier et sélectionne candidats et enjeux. Ceci est une forfaiture.
Pensez-vous possible de réguler le traitement médiatique de l'information politique ? Michel Rocard - Je ne vois aucune issue. Je pense qu'ils ont gagné. Nous vivons la décadence du bas empire romain. La démocratie est menacée. C'est irrémédiable. Ils ont le commandement réel du façonnage de l'opinion (...)".
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Dans son livre à paraître le 6 novembre chez Robert Laffont, intitulé France, Mon pays, lettres d’un voyageur, Alain Juppé prend position contre la discrimination positive. Extraits : " J’avoue que l’expression « discrimination positive » me hérisse le poil ! Quelle idée d’associer l’épithète « positive » à un nom qui a, en lui-même, une signification négative ! Mais allons au-delà des apparences. De quoi s’agit-il ? Si l’on veut dire par là qu’il faut faire plus pour ceux qui ont moins, je suis d’accord. Et les exemples abondent de mesures qui s’inspirent de ce principe : par exemple, les ZEP (zones d’éducation prioritaire) ou les ZFU (zones franches urbaines). Mais, chaque fois, les critères retenus sont objectifs ou factuels le taux de chômage, le retard scolaire, le revenu moyen, etc. Avec la discrimination positive à l’anglo-saxonne, on passe à tout autre chose : par exemple dans chaque promotion de préfets, retenir un quota de hauts fonctionnaires musulmans. J’avoue que cette rupture ne m’enthousiasme guère. D’abord, c’est une remise en cause de valeurs républicaines fondamentales. Comment, par exemple, va-t-on définit les minorités qui bénéficieront de telles mesures ? Sur un critère ethnique ou religieux, La communauté musulmane ? La communauté noire ? Qui ne voit le risque d’une telle segmentation du corps social français, si profondément étrangère à toutes nos traditions ? Et le risque de juxtaposer, en France, des communautés ethniques et religieuses n’est-il pas encore accru par la fragilité actuelle de notre société, qui a plus besoin de se rassembler que de se séparer ? Deuxième objection, plus pragmatique celle-là : est-ce que le modèle communautariste donne vraiment de meilleurs résultats dans les pays où il est dominant (…) ».
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